Canadian Medical Hall of Fame

“Il nous incite à prendre la défense des patients et à remédier aux injustices. ”

© Steve Tracy et TRMC
2018 Intronisé

Dr Philip Berger

Né: 
le 22 novembre 1950 à Winnipeg (Manitoba)
Études: 
MD, Université du Manitoba (1974)
Les progrès de la science médicale et des soins de santé s’accompagnent souvent de défis de nature politique et sociale. Les médecins résistent aux ravages des maladies et parfois aussi aux programmes et aux intérêts des gouvernements. Les 40 années de carrière du Dr Philip Berger sont jalonnées par ses interventions militantes en faveur des soins de santé pour tous, quelles que soient les circonstances de leur vie, et son travail de représentation a parfois rencontré une forte résistance. Professeur associé à la Faculté de médecine de l’Université de Toronto et chef du Département de médecine familiale et communautaire à l’Hôpital St. Michael’s (1997-2013), le Dr Berger a été à l’avant-plan de nombreuses luttes en faveur de soins de santé éclairés par la compassion, malgré l’indifférence ou l’opposition.

Les réfugiés, les toxicomanes, les sans-abri, les démunis, les membres de la communauté LGBT, les personnes touchées par le VIH-sida et les victimes de torture ont tous en Philip Berger un défenseur qui a fait la promotion du traitement à la méthadone, de l’échange d’aiguilles, de la documentation et de la reconnaissance des séquelles de la torture, des infirmeries associées aux universités pour les sans-abri et du traitement clinique du sida en Afrique. De nombreuses pratiques médicales qui sont maintenant la norme ont déjà été des initiatives controversées qu’il a fallu défendre et implanter avec courage.

Diplômé de la Faculté de médecine de l’Université du Manitoba, le Dr Berger est entré au Département de médecine familiale et communautaire de l’Université de Toronto en 1984, alors que commençait la crise du sida. En 1987, il a fondé le groupe Toronto HIV Primary Care Physicians et lancé le programme HIV Project Centre Primary Care Mentor, pour former les médecins de première ligne au soin des personnes infectées par le VIH et défendre ces patients. Il a dirigé des campagnes très médiatisées visant à persuader le gouvernement des avantages de la méthadone et des programmes d’échange d’aiguilles comme moyen de prévention de l’infection au VIH. En 2004, il a étendu son travail à l’étranger en dirigeant la première équipe de l’Association des hôpitaux de l’Ontario qui s’est rendue au Lesotho pour travailler en collaboration avec les médecins de la première clinique de traitement du sida financée par le gouvernement dans ce pays. Le Dr Berger s’est aussi porté à la défense des victimes de torture : il a fondé le Réseau médical canadien (de langue anglaise) d’Amnistie internationale et cofondé le Centre canadien pour les victimes de torture afin de sensibiliser le public, au Canada et à l’étranger, à l’existence de la torture.

En 2012, le Dr Berger a cofondé et coprésidé l’association Médecins canadiens pour les soins aux réfugiés et coordonné aux quatre coins du pays des manifestations de médecins opposés aux compressions dans les budgets des soins aux réfugiés, qui ont abouti à une contestation en vertu de la Charte devant la Cour fédérale et au rétablissement des soins de santé pour près de 100 000 réfugiés. Le Dr Berger a participé à des enquêtes sur le traitement des détenus par les policiers, il a publié des articles au sujet des politiques et des pratiques professionnelles de l’Association médicale de l’Ontario et il a été et demeure un défenseur infatigable de la justice sociale et des soins de santé accessibles, au Canada et dans le monde entier. Il a milité sans jamais craindre la controverse, mais par-dessus tout, il a servi les besoins des malades et des gens qui ont été victimes d’abus de pouvoir.