Canadian Medical Hall of Fame

“L’insuline ne m’appartient pas. Elle appartient au monde entier.”

© Irma Coucill & CMHF
1994 Intronisé

Sir Frederick Banting MD

Né: 
le 14 novembre 1891 à Alliston, Ontario
Mort: 
le 21 février 1941
Études: 
MD - Université de Toronto
Le 31 octobre 1920, après avoir préparé une conférence sur le pancréas, sir Frederick Grant Banting s’est réveillé d’un sommeil agité et a écrit une note qui allait changer à jamais sa vie et celle de millions de personnes souffrant du diabète : Diabetus [sic]. Lier les canaux excréteurs du pancréas du chien. Garder le chien vivant jusqu’à ce que l’on observe une dégénérescence des acini. Laisser les îlots intacts et essayer d’isoler la sécrétion interne de ces organes pour traiter la glycosurie [sic]. Cette hypothèse de quelques mots devait déboucher sur l’une des plus importantes découvertes médicales du XXe siècle et allait mériter au D<sup>r</sup> Banting une renommée internationale et l’admiration du monde entier.

Le 31 octobre 1920, après avoir préparé une conférence sur le pancréas, sir Frederick Grant Banting s’est réveillé d’un sommeil agité et a écrit une note qui allait changer à jamais sa vie et celle de millions de personnes souffrant du diabète :

Diabetus [sic]. Lier les canaux excréteurs du pancréas du chien. Garder le chien vivant jusqu’à ce que l’on observe une dégénérescence des acini. Laisser les îlots intacts et essayer d’isoler la sécrétion interne de ces organes pour traiter la glycosurie [sic].

Cette hypothèse de quelques mots devait déboucher sur l’une des plus importantes découvertes médicales du XXe siècle et allait mériter au Dr Banting une renommée internationale et l’admiration du monde entier.

Déterminé à explorer son hypothèse, le Dr Banting a obtenu d’être recommandé au Dr J.J.R. Macleod de l’Université de Toronto, où on lui a donné avec hésitation de l’espace de laboratoire pour mener des expériences sur le pancréas des chiens. Le Dr Charles Best, alors étudiant en médecine, a été affecté à la recherche du Dr Banting. Quelques mois plus tard, les Drs Banting et Best avaient réussi à isoler une hormone protéique sécrétée par le pancréas, qui fut appelée insuline. 

Avec l’aide du Dr James Collip, les chercheurs ont pu raffiner l’insuline et en produire pour des essais cliniques qui ont été immédiatement couronnés de succès. Démontrant son engagement altruiste envers l’avancement de la médecine, le Dr Banting a alors vendu les droits de brevet de l’insuline à l’Université de Toronto pour la somme d’un dollar, affirmant que la découverte appartenait au monde et non à lui. C’est ainsi qu’il fut possible de produire de l’insuline en grande quantité, la rendant largement accessible au public pour le traitement du diabète. Bien que cette percée ne puisse pas guérir la maladie, elle aura permis de sauver des millions de vies et, encore à ce jour, de traiter une maladie qui était auparavant considérée comme une condamnation à mort. À la suite de cette découverte très médiatisée, le Dr Banting est rapidement devenu célèbre, lui qui était un homme réservé et modeste. En 1923, il a reçu conjointement le prix Nobel de physiologie et médecine avec le Dr J.J.R. Macleod pour la découverte de l’insuline. En pleine controverse, le Dr Banting a choisi de partager son prix avec son partenaire, le Dr Best, et le Dr Macleod a choisi de son côté de partager son prix avec le Dr Collip. Le Dr Banting, le plus jeune lauréat d’un prix Nobel de médecine, est soudainement devenu célèbre et a été traité en héros dans le monde entier. En 1934, il a été fait chevalier par le roi George V et a été l’un des derniers Canadiens à recevoir ce titre prestigieux. 

Vu la popularité du Dr Banting et le succès de ses recherches, l’Assemblée législative de l’Ontario a accordé à l’Université de Toronto une subvention annuelle pour créer le « Fonds de recherche Banting et Best ». Grâce à ce soutien financier, l’université a embauché le Dr Banting pour occuper la première chaire de recherche du Canada et a créé en 1930 le « département Banting et Best de recherche médicale »; le Dr Banting était président du département et le Dr Best, associé de recherche. Frederick Banting est resté engagé dans la recherche médicale et la découverte scientifique et a continué à participer à des recherches sur la silicose, le cancer et la médecine aéronautique, entre autres projets.

Le Dr Banting était aussi un peintre passionné et proche ami de A.Y. Jackson du Groupe des Sept, qui l’a encadré et encouragé dans son art. Par la peinture, le Dr Banting a pu se soustraire aux pressions et à la renommée de ses premiers succès et, aujourd’hui, il est considéré comme l’un des artistes amateurs les plus importants du Canada. 

Le Dr Banting était aussi un soldat décoré et il a servi le Canada pendant les deux guerres mondiales. Pendant la Première Guerre mondiale, il s’est engagé dans le Corps de santé de l’Armée canadienne et a reçu la Croix militaire en 1919 pour ses « services distingués et méritoires » pendant la bataille de Cambrai en 1918. Au début de la Seconde Guerre mondiale, le Dr Banting s’est de nouveau porté volontaire pour servir le Canada, coordonnant l’effort national de recherche médicale en temps de guerre avec le Conseil national de recherches du Canada, où son équipe a exploré les traitements contre le gaz moutarde, les combinaisons antigravité et les masques à oxygène. Officier de liaison entre les services médicaux britanniques et nord-américains, il se rendait en Angleterre en février 1941 lorsque son avion s’est écrasé à Terre-Neuve et que sa vie a été tragiquement écourtée. 

L’héritage du Dr Banting se perpétue chez les nombreux chercheurs qui ont suivi ses traces et qui ont fait des percées médicales dans les établissements de recherche portant son nom. La ferme de son enfance à Alliston, maintenant devenue le Parc patrimonial de la propriété Banting, attire chaque année des groupes scolaires et communautaires. Sa maison de London, en Ontario, où il a conçu l’idée qui a mené à la découverte de l’insuline, est maintenant le Lieu historique national du Canada de la Maison-Banting, un musée voué à la préservation de l’important héritage du Dr Banting. Plus tard, le musée a été baptisé « berceau de l’insuline » et est devenu un lieu de pèlerinage non officiel qui attire chaque année des visiteurs du monde entier souhaitant rendre hommage au célèbre codécouvreur de l’insuline.