Canadian Medical Hall of Fame

Jeanne Mance

Jeanne Mance arrive sur l’île inhabitée de Montréal, en mai 1642. Elle fait bâtir un petit dispensaire à l’intérieur du fort de la nouvelle colonie. C’est la genèse de l’Hôtel- Dieu de Montréal, la deuxième plus ancienne institution médicale en Amérique du Nord. Cet hôpital qu’elle a fondé, agrandi et préservé a servi la population du Canada pendant 375 ans, pour finalement fermer ses portes en 2017.

Deuxième d’une famille de douze enfants Jeanne Mance grandit dans un milieu familial de moyenne bourgeoisie. Elle se serait occupée des malades de la peste et des blessés de la guerre de Trente Ans. C’est à cette époque qu’elle apprend l’existence de missions en Nouvelle-France.  

Jeanne Mance n’est ni mariée, ni veuve, ni religieuse. Convaincue de sa vocation de servir en qualité de missionnaire laïque en Nouvelle-France, elle quitte Langres pour Paris en 1640. Déterminée, intelligente, réfléchie, elle planifie son départ en créant des liens avec des personnes influentes, dont la riche veuve du surintendant général des finances sous Louis XIII, madame Angélique Faure de Bullion, qui lui demande de fonder un hôpital dans cette nouvelle terre de mission. Intriguée par l’audace de Jeanne Mance, la reine Anne d’Autriche demande à la rencontrer également.

Audacieuse et courageuse, elle part pour La Rochelle afin de s’embarquer pour la Nouvelle-France en 1641. Elle y rencontre Jérôme Le Royer de La Dauversière, fondateur de la Société de Notre-Dame de Montréal et fondateur de la congrégation des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph. Il la choisit pour devenir l’intendante et l’économe de la colonie naissante : s’occuper des finances et de l’administration, alors qu’elle a déjà la mission de fonder le premier hôpital de Ville-Marie, nom donné à Montréal à l’époque. Elle arrive sur l’île avec Paul de Chomedey de Maisonneuve, premier gouverneur et responsable des affaires civiles et militaires.

En 1645, Jeanne Mance fait bâtir l’hôpital en dehors du fort. Première infirmière laïque en Amérique du Nord, Jeanne Mance a créé un héritage durable dans le domaine des soins aux malades et aux blessés en traitant tous les peuples de la Nouvelle-France, Autochtones et Français sans exclusion.

Grâce à une somme de 22 000 livres prévue pour l’Hôtel-Dieu, que Jeanne Mance a offert à Maisonneuve, il revient de France en 1653 avec un groupe d’une centaine d’engagés qu’on appelle « la Grande recrue », ce qui sauve la colonie de Ville-Marie et ainsi tout le Canada. Selon elle, en sauvant Ville-Marie, elle sauve l’hôpital.

Elle fait trois voyages en France pour la survie de Montréal et de l’Hôtel-Dieu. Elle va chercher des financements et à son deuxième voyage, elle revient avec trois Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph qui vont la seconder à l’hôpital et assurer la pérennité de son œuvre. À son dernier voyage en 1662, Jeanne Mance veille à la désignation des Sulpiciens comme Seigneurs de l'île de Montréal et assure la survie de la ville. À son retour, elle continue de se consacrer aux soins des malades et des blessés et demeure l’administratrice de l’Hôtel-Dieu jusqu'à sa mort.

Modèle de volonté et de persévérance, Jeanne Mance décède à Montréal le 18 juin 1673. Ses restes reposent dans la crypte de la chapelle de l’Hôtel-Dieu.

La Ville de Montréal l’honore en 2011 en la nommant Bâtisseuse de la Cité. En 2012, Jeanne Mance est reconnue officiellement fondatrice de Montréal au même titre que Paul de Chomedey, sieur deMaisonneuve. En 2014, l’Église catholique reconnaît ses vertus héroïques et la déclare vénérable.